Luxembourg
Accessibilité des sites et boutiques en ligne au Luxembourg : la loi du 8 mars 2023
Depuis le 28 juin 2025, la loi luxembourgeoise qui transpose l’European Accessibility Act impose des exigences d’accessibilité au commerce électronique. Qui est concerné, ce qui est attendu, et comment le mettre en œuvre sur votre site.
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Une directive européenne, une loi luxembourgeoise
La directive (UE) 2019/882 du 17 avril 2019, dite European Accessibility Act, harmonise les exigences d'accessibilité de certains produits et services dans l'Union européenne. Elle s'applique depuis le 28 juin 2025.
Le Luxembourg l'a transposée par la loi du 8 mars 2023 relative aux exigences en matière d'accessibilité applicables aux produits et services, applicable depuis le 28 juin 2025. Son objectif, selon le gouvernement, est de renforcer l'inclusion et de permettre à tout citoyen de participer pleinement à la vie sociétale.
Quels sites sont concernés
La loi vise des produits (ordinateurs, terminaux de paiement, liseuses, télévisions connectées) et des services, parmi lesquels les services bancaires en ligne, les plateformes de paiement, les livres numériques et le commerce électronique.
Pour un site, le cas le plus fréquent est la boutique en ligne. La directive définit les services de commerce électronique comme des services fournis à distance, par des sites internet ou des services sur appareils mobiles, par voie électronique et à la demande individuelle d'un consommateur, en vue de conclure un contrat de consommation. Sont donc d'abord concernés :
les boutiques en ligne qui vendent à des particuliers, quelle que soit la plateforme ;
les applications mobiles qui permettent de commander ;
les parcours de réservation ou de souscription qui aboutissent à un contrat avec un consommateur.
Une boutique réservée aux professionnels, ou un site purement vitrine qui ne permet pas de conclure de contrat en ligne, ne répond pas en principe à cette définition. La frontière est parfois délicate : c'est une question juridique, que tranche un juriste.
Microentreprises et période de transition
Les microentreprises qui fournissent des services, c'est-à-dire celles qui emploient moins de dix personnes et dont le chiffre d'affaires annuel ou le total du bilan ne dépasse pas deux millions d'euros, sont exemptées des exigences applicables aux services. C'est la règle de la directive, reprise au Luxembourg. Les autres entreprises sont concernées, quelle que soit leur taille.
Une période de transition court jusqu'au 28 juin 2030 : les prestataires peuvent continuer à fournir leurs services au moyen de produits qu'ils utilisaient légalement avant le 28 juin 2025. Elle ne dispense pas un site marchand des exigences applicables au service lui-même.
Une exemption n'est pas une raison de négliger l'accessibilité : un parcours d'achat utilisable au clavier et lisible par un lecteur d'écran perd moins de clients, et un site conçu accessible dès le départ coûte bien moins cher qu'une mise en conformité tardive.
Ce qui est attendu d’une boutique en ligne
Les exigences de la directive reviennent à rendre le service perceptible, utilisable, compréhensible et robuste, les quatre principes des WCAG, référence technique que reprend la norme européenne EN 301 549. Le prestataire doit aussi fournir des informations sur l'accessibilité de son service, dans ses conditions générales ou un document équivalent.
Sur un site, cela se traduit par des points très concrets :
un parcours d'achat complet utilisable au clavier, du catalogue au paiement ;
des contrastes suffisants et des textes qui restent lisibles à l'agrandissement ;
des images produits avec une alternative textuelle utile ;
des formulaires aux champs étiquetés et aux erreurs expliquées ;
une structure de titres et de régions lisible par un lecteur d'écran ;
des moyens d'identification et de paiement eux-mêmes accessibles.
Surveillance et sanctions
La surveillance est confiée à l'Office de la surveillance de l'accessibilité des produits et services (OSAPS), rattaché au ministère de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble et de l'Accueil. L'OSAPS fournit aux entreprises des lignes directrices, des outils et des conseils pour améliorer l'accessibilité.
La loi prévoit la possibilité de restreindre ou d'interdire la mise à disposition d'un produit ou d'un service non conforme, ainsi que des sanctions administratives et pénales. Selon le gouvernement, les sanctions pénales peuvent aller jusqu'à 500 000 euros et, en cas de récidive, jusqu'à un million d'euros.
Comment nous mettons en œuvre l’accessibilité
Notre rôle est technique : nous ne rendons pas d'avis juridique sur votre assujettissement, et aucun audit ne vaut certificat de conformité. Voici ce que nous faisons :
Un audit sur un échantillon représentatif de pages et de parcours, validé au départ : tests automatisés (axe DevTools, WAVE, Lighthouse), puis vérification manuelle des critères que les outils ne détectent pas.
Un rapport avec une grille par critère et un plan de correction priorisé.
Sur devis séparé, les correctifs appliqués directement à votre site ou à votre boutique : contrastes, navigation au clavier, structure, formulaires, alternatives textuelles.
Un projet de déclaration d'accessibilité établi à partir des résultats, à reprendre dans vos conditions générales.
Pour un site multilingue, chaque langue est contrôlée : langue déclarée de la page, alternatives textuelles traduites, messages d'erreur dans la bonne langue. Le détail de la prestation est sur la fiche audit et mise en conformité accessibilité, et notre article sur l'accessibilité numérique d'une boutique en ligne complète le sujet. Pour en parler : contact.
Questions fréquentes
Ma boutique en ligne luxembourgeoise doit-elle être accessible ?
Si elle vend à des consommateurs et que votre entreprise n’est pas une microentreprise, elle est en principe concernée depuis le 28 juin 2025.
Qui contrôle l’accessibilité au Luxembourg ?
L’Office de la surveillance de l’accessibilité des produits et services (OSAPS), rattaché au ministère de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble et de l’Accueil.
Un audit garantit-il la conformité ?
Non. L’audit identifie et priorise les obstacles ; ce sont les correctifs appliqués qui améliorent le site. Aucun audit ne constitue une garantie de conformité légale ni une certification.
Sources
Textes consultés le 27 septembre 2026. Cette page décrit un cadre général ; elle ne constitue pas un conseil juridique.